
Le congrès du CNEAP, qui s’est tenu récemment à Versailles, a été l’occasion de présenter notre projet institutionnel pour les années à venir. Parmi les quatre axes stratégiques retenus, le second nous invite à intégrer les exigences sociétales dans toutes nos réflexions et actions : « en participant à l’animation des territoires par nos projets, en assurant l’insertion sociale par l’emploi, et en faisant du développement durable une dimension de tous nos projets ».
Développement durable : deux mots maintenant réunis pour définir un concept. Et face à ce concept, plusieurs attitudes possibles. L’une qui, par la pression de l’effet de mode, présente le risque d’un engagement dans des actions contribuant à le galvauder. Une autre qui, pour ne pas donner l’impression d’être en retrait par rapport aux discours du moment, se limite à tenir des propos incantatoires, à faire des déclarations d’intentions.
Aussi, ce que nous sommes et ce que nous devons enseigner dans nos établissements, nous impose de réagir et d’agir autrement. En effet, le concept global du développement durable repose sur une interaction de trois dimensions –économique-sociale-environnementale- dont l’une ne doit pas être privilégiée par rapport aux deux autres. Elles doivent être mises en place de manière simultanée, car le retard pris dans l’une conduirait inexorablement au déséquilibre de l’édifice.
Nos enseignements doivent donc aborder avec compétence, équilibre et harmonie la croissance économique, le progrès social et les exigences écologiques dans toute stratégie de développement. Mais cette démarche a des exigences. Elle consiste d’abord à être solidaires, à ne pas attendre des autres les efforts que chacun de nous doit consentir, et impose de véritables changements de mentalités car « l’exigence de solidarité ne se limite pas au sacrifice du superflu ; ce qui est en cause, c’est la protection de l’acquis, de certains styles de vie, de modèles de consommation, de la structure des pouvoirs établis qui régissent nos sociétés. Le changement que requiert le développement durable appelle donc des changements radicaux. Il ne s’agit nullement de détruire le tissu de nos sociétés, mais de revoir, dans cette nouvelle perspective, nos choix collectifs de société. (1)
Et sans contredire la notion d’équilibre précédemment citée, apportons une attention toute particulière au progrès social. Que ce soit à grande échelle, où le partenariat et la solidarité doivent l’emporter sur l’assistance. Que ce soit à un niveau plus local, celui de nos établissements par exemple, où nos choix pour être cohérents, devront toujours être faits au service de l’Homme.
Ne nous contentons pas d’être des croyants des trois dimensions du développement durable, soyons aussi des pratiquants.
(1) Michel CAMDESSUS. 14 octobre 2002.