L'histoire et l'avenir / par Louis de Lansalut L'histoire et l'avenir Louis de Lansalut Président de l'UNEAP Vous avez été nombreux à vous mobiliser en cette fin d'année 2005 pour que l'enseignement agricole puisse poursuivre sa mission, malgré la rudesse de décisions qui obscurcissent son avenir. Soyez en chaleureusement remerciés. Mais l'histoire se répète, déjà, encore et toujours... Déjà, pendant les premières décennies du siècle dernier, les convictions et la détermination des fondateurs de l'enseignement agricole étaien

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L'histoire et l'avenir / par Louis de Lansalut

Modifié le : 30/01/2006

L'histoire et l'avenir


Louis de Lansalut
Président de l'UNEAP

Vous avez été nombreux à vous mobiliser en cette fin d'année 2005 pour que l'enseignement agricole puisse poursuivre sa mission, malgré la rudesse de décisions qui obscurcissent son avenir. Soyez en chaleureusement remerciés. Mais l'histoire se répète, déjà, encore et toujours... Déjà, pendant les premières décennies du siècle dernier, les convictions et la détermination des fondateurs de l'enseignement agricole étaient plus fortes que les difficultés qui entravaient son fonctionnement et son organisation. Entre 1955 et 1960, l'enseignement agricole privé tirait encore la sonnette d'alarme pour faire respecter l'indexation des aides de l'état. En 1975, 60% des établissements éprouvaient toujours de graves difficultés financières. A cette époque, le ministre de l'agriculture reconnaissait " qu'il ne lui était pas possible de faire des promesses précises, étant tenu par la politique de rigueur budgétaire exigée de tous les ministres dépensiers en cette période d'inflation...".(1)
Trente ans après, cela s'appellera « la réduction de la dette publique ».
En 1975, le secrétaire d'état à l'agriculture, devant le congrès du CNEAP, rappelait deux
éléments de contrainte : « la rigueur de gestion dans les établissements et l'obligation de résultat, afin que l'état ait la garantie du bon emploi des fonds public ».(2)
30 ans après, cela s'appellera toujours
" la rigueur de gestion dans les établissements " et conformément à la L.O.L.F.
(3)
" la justification au premier euro ".
Les mots changent et l'histoire se répète.
Mais trente ans après 2005, une parole du président du CNEAP
(4) prononcée en 1975 sera encore et toujours d'actualité « Il n'est pas possible de récolter ayant d'avoir semé et la formation des hommes reste le meilleure placement pour une nation ».
Présageons qu'en 2035, la mauvaise histoire ne se sera pas répétée, les mots auront changé puisque la L.O.L.F. sera devenue la Loi Organique pour La Formation et l'enseignement agricole formera encore les hommes. Parce qu'un ministre en
aura décidé ainsi, trente ans avant. Peut-être... !

(1) Christian BONNET, ministre de l'agriculture. AG du CNEAP, 2 avril 1976.
(2) Jean François DENIAU, AG du CNEAP, février 1975.
(3) Loi organique de la loi de finance.
(4) Pierre Collet, président du CNEAP, 2 avril 1976.