Le 13 mars 2007, le LEAP Gautier-Ressins de Nandax (42) a organisé une journée technique sur les CUMA (Coopératives d’utilisation de matériel agricole) intitulée : « La CUMA, moi j’y crois, et toi ? ».
Un titre propre à lancer le débat.
Le Lycée Agricole Privé de Ressins a été volontairement choisi pour faire le lien entre les anciens ou actuels agriculteurs et les jeunes, agriculteurs de demain.
Tout était réuni pour que cette journée soit un succès, avec 2 points forts :
Bernard SIVET0N, Professeur au lycée de Ressins animait la table ronde. Il a interrogé les différents intervenants sur le mouvement CUMA, son histoire, son fonctionnement actuel, ses perspectives d’avenir.
Michel SAVATIER, président de la Fédération départementale de CUMA, et André PIOT, secrétaire, ont ouvert le débat : « 200 CUMA dans la Loire, elles sont le prolongement de nos exploitations et reflètent l’état d’esprit des paysans sur le terrain ». Et d’ajouter à l’adresse de nombreux jeunes de BEPA, Bac Pro, Bac Techno, BTS, « aujourd’hui, les jeunes qui s’installent ne viennent pas systématiquement vers la CUMA. A nous d’aller les rejoindre ». Leur raison principale d’agir en ce sens : « nos exploitations doivent avoir une réelle performance économique, et donc, il faut réduire les charges dans tous les domaines ».
Animateur CUMA sur le département, Sylvain RANCON a évoqué les six grandes périodes qui ont jalonné l’histoire des CUMA : depuis l’entraide et l’usage des matériels de battage avant la guerre, jusqu’à la structuration moderne de cette forme de coopérative jouant par exemple un rôle essentiel aujourd’hui dans la protection de l’environnement (traitement des déchets, économie d’énergie,...).
>> Voir le document retraçant l’histoire des CUMA (pdf – 7 Ko)
Avec passion et conviction, Christophe EXTRAT a souligné « le rôle éducatif et formateur des CUMA ». Sa longue expérience lui permet d’en témoigner : dans les années 1960-1970, l’agriculture se trouvait à un tournant. « Face au remboursement, à la prophylaxie, à la révolution fourragère initiée par Pierre CHAZAL et qui nécessite des matériels nouveaux, rotorator, cultipa, ensileuse, que faire ? » Il a exposé alors les choix qui s’offrent aux agriculteurs. « Rien », c'est-à-dire céder à la tentation d’une majorité de paysans. Ou bien, gérer au plus juste les contraintes nouvelles par « la constitution d’une CUMA entre 4 adhérents au moins ». Ou bien encore « entrer dans une CUMA existante en ouvrant une nouvelle branche d’activité ». Et de louer « le rôle essentiel des CETA et des JAC » dans cette évolution.
« Pourquoi ça a marché ? » s’interroge alors Pierre FREY. « Par la relation amicale et professionnelle entre les personnes ». L’exemple qu’il a cité de la première CUMA constituée avec ses voisins de Ressins sous l’impulsion à l’époque du frère salésien, Jean PRADEL, est significatif. « Nous voulions l’appeler la CUMA des gais lurons....mais ça ne faisait pas sérieux aux yeux de l’administration. Nous avons donc opté pour la Verdoyante », mais le bénéfice est évident.
Georges CHARBONNIER de Maringes a évoqué la banque de travail en récolte de foin qui fonctionne sur son secteur. « La perte d’indépendance doit être compensée par le fait que tous les adhérents doivent s’y retrouver ». Et, s’il faut être rigoureux et éviter les dérives, « le groupe est toujours plus fort que le plus fort du groupe ». Les chiffres le montrent. Sylvain RANCON et Jean-Paul BOURRELIERE de Changy ont donné des estimations sur le coût de l’heure de tracteur. Il est clair que l’économie est substantielle lorsque le temps de travail annuel est multiplié par 2 ou 3 du fait d’un plus grand nombre d’utilisateurs. Les nouveaux installés l’ont bien compris, très majoritairement adhérents à des CUMA, selon l’enquête réalisée par les étudiants BTS de Ressins. |  |
Meilleure maîtrise des coûts, économies, valorisation de l’homme et de ses compétences, relation sociale améliorée, rupture de l’isolement, Alain GRANGE, jeune agriculteur, est formel : « je ne conçois pas une autre forme d’organisation de mon travail pour assurer la qualité de vie que j’ai choisie, tout en ayant un revenu décent ».
Plus qu’un simple outil technique et économique, la CUMA représente une formidable école de promotion de l’homme et de solidarité ont souligné Christophe EXTRAT, Jean BARTHOLIN et Raymond VIAL. « On apprend à connaître les autres et à les respecter par le travail que l’on exécute avec eux ». « En travaillant en commun, on se mesure ». Des constats, des convictions fortes qui incitent « à se battre au quotidien pour que vivent les CUMA », à « anticiper les besoins du terrain pour des évolutions novatrices » particulièrement dans les domaines du traitement des déchets ou des énergies renouvelables.
Sans doute la CUMA n’est pas la solution unique, mais elle est porteuse de valeurs auxquelles on ne peut rester indifférent. Oui « les CUMA seront dans l’avenir ce que nous en ferons », devait conclure Michel SAVATIER.
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